Travail

[1/3] Précarité chez les jeunes | Marché du travail inadapté ?

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Les 15 - 29 ans forment à eux seuls la moitié des précaires en France.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce déséquilibre générationnel. Parmi eux, il y a l'idée que des mutations culturelles ont profondément changer le rapport au travail des jeunes, sans être prises en compte par les entreprises. Il en résulte une défaillance du marché du travail, incapable d'aligner les besoins des uns et des autres.

Chez JobyPepper, notre mission est de transformer le marché du travail pour réduire la précarité des jeunes. Pour ce faire, encore faut-il comprendre précisément ce qui cloche.

Dans ce premier article d'une série de trois, nous verrons pourquoi les jeunes sont si instables. Nous étudierons dans les deux suivant l'impact sur les entreprises et les solutions envisageables.

Etudier sans travailler est un privilège

En 2020 la France compte 8 fois plus d'étudiants qu'il y a 50 ans.

On pourrait croire que c'est un progrès formidable, mais ce serait jeter un voile sur la précarité des jeunes qui progresse dans les mêmes proportions.

Le coût de la vie étudiante s'accroît déraisonnablement. En 2019, il a augmenté deux fois plus que l'inflation (2,83%).

En France, un étudiant a besoin en moyenne de 1288,83 euros par mois pour subvenir à ses besoins primaires (frais d'inscription, loyer, transport en commun etc.).

Ce montant, bien supérieur aux aides distribuées par l'état ou même à un SMIC, montre le caractère intenable de la situation étudiante. Comment réunir cette somme sans mettre en péril ses études ?

Pour s'en sortir, 73% des étudiants travaillent, dont un tiers à plein temps. C'est 10% de plus que la génération précédente.

Le travail pourrait aider les jeunes à être indépendants et libres. Malheureusement, il est plutôt source de décrochage et d'inégalités.

Le travail étudiant est source d'inégalités

Les syndicats étudiants identifient le travail salarié comme le principal facteur d'échec dans l'enseignement secondaire.

Les horaires fixes des contrats étudiants contrastent avec les emplois du temps variables des cours. Les études sont sacrifiées pour pouvoir se rendre au travail.

À cause d'une assiduité moins rigoureuse, du stress et du manque de temps pour le travail extra-scolaire, les jeunes qui travaillent sont désavantagés.

Les étudiants les plus défavorisés voient ainsi leurs chances de réussite s'amincir. Alors que l'université est le symbole de l'égalité des chances, les carences du marché du travail la transforme en usine de reproduction sociale.

Les inégalités s’immiscent jusque dans les rémunérations : les jobs étudiants ne permettent pas de sortir de la précarité malgré les sacrifices consentis.

Contrats étudiants ou contrat de précarité ?

L'objectif d'un étudiant est de réussir ses études. Cependant la hausse de la vie étudiante pousse la majorité d'entre eux à travailler sur leur temps libre, et donc de réduire leurs chances de réussite.

Ce paradoxe est bien connu des entreprises qui cherchent à les recruter. Elles optent en général pour deux stratégies.

Soit elles proposent un contrat d'une dizaine d'heures par semaine, favorisant le temps libre mais ne permettant pas une rémunération suffisante.

Soit elles proposent un contrat supérieur à 15 heures, occupant tout le temps libre et dont la rémunération, bien que plus élevée, atteint rarement les 1288,83€ visés.

Aucune de ces options n'est souhaitable.

Cette année, la crise sanitaire (COVID 19) complique encore plus la situation. Ce sont les secteurs pourvoyeurs de jobs d'été qui sont le plus touchés par la crise : restauration, festivals, tourismes, animations etc. Le manque d'activité estivale va forcer les étudiants à travailler encore plus dès la rentrée et à négliger leurs études.

Cette situation est insupportable. La jeunesse devrait penser le monde de demain mais elle ne parvient pas à boucler ses fins de mois.

Le marché du travail doit évoluer. Maintenant.

Travailler librement et dignement

L'état doit poursuivre ses efforts pour aider la jeunesse. C'est une cause nationale qui mérite plus d'attention et de mesures en sa faveur.

Cependant on ne saurait attendre de l'état qu'il apporte toutes les solutions. Les initiatives privées ont un rôle important à jouer. JobyPepper s'inscrit parmi ces initiatives.

Nous pensons que le travail doit être repensé pour s'adapter aux besoins et aux contraintes des jeunes.

Un étudiant peut travailler 15 ou 20 heures par semaine sans sacrifier ses études si le job remplit ces critères :

  • Souple : l'étudiant doit pouvoir travailler quand il le souhaite en fonction de ses contraintes personnelles.
  • Rémunérateur : l'étudiant doit pouvoir s'élever au dessus du seuil de pauvreté, même en temps partiel.
  • Stable : L'étudiant doit avoir de la visibilité sur son temps de travail et sa rémunération pour organiser sa vie sereinement.

Les entreprises ont tout intérêt à adapter leur organisation pour être en mesure de proposer ces conditions de travail. Elles aussi subissent les effets néfastes d'un marché du travail défaillant.

Dans la seconde partie de cette série d'articles, nous verrons que beaucoup de problématiques RH sont liées à ces défaillances.

Sources

July 27, 2020

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Pierre Pilleyre

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Head of sales
pierre@jobypepper.com

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